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COMPÉTITION OFFICIELLE

Il est composé cette année de Louis-George Tin, président du Conseil Représentatif des Association Noires (CRAN), de l’association de lutte contre la corruption en politique Anticor et Raphaël Halet, l’un des lanceurs d’alertes des Luxleaks. Nous aurions souhaité que l’artiste Piotr Pavlenski rejoigne également le jury du festival mais il n’a pu bénéficier d’une libération exceptionelle. Nous l’associons symboliquement au jury de cette nouvelle édition. Le jury remettra un Grand Prix et une Mention spéciale parmi la douzaine de longs-métrages documentaires en compétition.

Louis-George Tin

Louis-George Tin

Louis-Georges Tin est un militant français impliqué dans la lutte contre l’homophobie et le racisme. Ancien élève de l’École normale supérieure, il est agrégé et docteur ès lettres. Il est maître de conférences à l’IUFM d’Orléans et enseigne également à l’École des hautes études en sciences sociales. Il est actuellement le président du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) et du cercle de réflexion République & Diversité, dont il est le fondateur. Parmi ses multiples actions, il a notamment dirigé la rédaction d’Un Dictionnaire de l’homophobie, livre collectif rassemblant 75 auteurs. Le 17 mai 2005, à son initiative, est créée la journée mondiale de l’homophobie, l’IDAHO (International Day Against Homophobia), elle est célébrée dans plus de quarante pays à travers le monde. Le 18 décembre 2008, la campagne du Comité IDAHO aboutit à une déclaration à l’Assemblée générale des Nations unies sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre visant à la dépénalisation de l’homosexualité. En 2009, il lance une campagne contre la « transphobie », avec un appel signé par plus de 300 ONG issues de 75 pays à travers le monde. Louis-Georges Tin est aussi très engagé dans la lutte contre le racisme. En 2005 il participe à la création du CRAN, dont il devient le porte-parole puis le président en novembre 2011. Il livre de nombreuses études sur la place des personnes issues de la diversité en France et mène de multiples actions afin de combattre le racisme dans le pays. Par exemple, dans le cadre de l’élection présidentielle de 2012, il publie « Pour en finir avec les discriminations », un ouvrage collectif envoyé à tous les candidats, et rassemblant deux cents propositions pour lutter contre toutes les discriminations. Il mène aussi de nombreuses actions pour la reconnaissance des traumatismes et torts liés à l’esclavage et la colonisation.

Anticor

Anticor

Anticor est une association fondée par Éric Halphen et Séverine Tessier en juin 2002. Elle a pour but de lutter contre la corruption et la fraude fiscale et rétablir l’éthique en politique. Son ambition est de réhabiliter le rapport de confiance qui doit exister entre les citoyens et leurs représentants politique et administratifs. L’association regroupe des citoyens et des élus de toutes tendances politiques engagés pour faire respecter les exigences démocratiques non partisanes. Elle ne bénéficie d’aucune subvention, son financement est assuré uniquement par des dons et les cotisations de ses adhérents. Pour l’élection présidentielle 2017, l’association a demandé aux candidats de signer une charte éthique contenant 10 engagements. Elle remet également un « prix éthiques » pour saluer le travail des acteurs qui luttent contre la corruption. En 2017, ont été récompensé Jacques Duplessy et Guillaume de Morant pour la publication de « Le tour de France de la corruption », Christian Chesnot et Georges Malbrunot pour la publication du livre « Nos très chers émirs » ou encore François Ruffin pour son film « Merci Patron ! ». L’association mène également plusieurs actions devant la justice, Elle est par exemple à l’origine d’une plainte contre X dans le cadre de l’affaire des sondages de l’Élysée, qui concernait des sondages d’opinion commandés sans appel d’offres par l’Élysée à une société dirigée par Patrick Buisson alors conseiller de Nicolas Sarkozy. Plus récemment, elle a déposé plainte à Paris pour relancer l’enquête qui visait le chef de file des députés LREM Richard Ferrand.

Raphaël Halet

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Raphaël Halet est l’un des lanceurs d’alerte de l’affaire Luxleaks. En 2012, Alors qu’il était employé administratif du département taxe de PWC, il regarde l’émission Cash Investigation sur France 2. L’épisode du jour traite des rescrits fiscaux (tax rulings) accordés par l’administration fiscale luxembourgeoise à des centaines de multinationales. Cette procédure leur permet d’éviter de payer l’impôt dans les pays dans lesquels elles réalisent leurs bénéfices tout en profitant d’une imposition minimale au Grand-Duché. Il saisit alors qu’une bonne partie du travail qu’il effectue au sein du cabinet d’audit portait sur ces rulings. Les documents présentés dans cette émission proviennent tous de PWC. Ils ont été transmis à un journaliste par Antoine Deltour, un ancien employé de PWC qui les a découverts au hasard de recherches sur son ordinateur. Choqué par ce qu’il découvre, Raphaël Halet décide à son tour de transmettre des documents au même journaliste, Edouard Perrin. Son anonymat révélé suite à une enquête interne de la PWC, il est licencié. Puis suite à une enquête ouverte par le parquet Luxembourgeois il est trainé sur le banc des accusés pour avoir dénoncé ce qui sans doute l’un des plus gros hold-up fiscaux jamais révélé et condamné, en première instance, à de la prison avec sursis et à des amendes. Il a fait appel de cette décision. Il n’y avait aucune motivation financière dans ce geste de Raphaël Halet qui doit aujourd’hui se démener seul face à la justice. Il se reconnaît parfaitement dans cette définition du lanceur d’alerte dont le geste constitue «un acte éthique, délibérément tourné vers autrui».

Piotr Pavlenski

Piotr Pavlenski

Piotr Pavlenski est un artiste performateur russe de 32 ans. Sa particularité est l’utilisation de son corps comme matériau. Il utilise régulièrement l’automutilation comme langage artistique. Dans ses performances, il dénonce de manière explicite le gouvernement russe. Il se fait connaitre en 2012, en se cousant les lèvres avec du fil écarlate pour protester contre l’arrestation des punkettes de Pussy Riot. En 2013, il s’enroule, nu, dans du fil barbelé, et s’allonge devant le Parlement de Saint-Pétersbourg pour dénoncer la politique répressive du pouvoir russe. Quelques mois plus tard, il se cloue la peau des testicules sur les pavés de la place Rouge à Moscou pour dénoncer l’apathie, l’indifférence politique et le fatalisme de la société russe contemporaine». Enfin en 2015, il met le feu aux postes du FSB, déclarant « le FSB opère par la terreur et détient le pouvoir sur 146 millions de personnes.» Il se réfugie en France à la mi-janvier 2017, suite à l’ouverture d’une enquête pour agression sexuelle sur la comédienne, Anastasia Slonina qui a porté plainte contre lui. Depuis son installation en France, il vivait pauvrement et refuse toute aide sociale et tout logement. Dans la nuit du 15 au 16 octobre 2017, Piotr Pavlenski met le feu à l’entrée d’un bâtiment de la Banque de France à Paris lors d’une performance baptisée « Éclairage ». Il explique dans un communiqué : « mettre le feu dans la banque de France c’est mettre l’éclairage sur la vérité que les autorités nous ont forcé à oublier. La banque de France a pris la place de la Bastille, les banquiers ont pris la place des monarques. ». A la suite de cet acte, il est mis en examen par un juge d’instruction et placé en détention immédiate pour 4 mois. Il est actuellement incarcéré à la prison de Fleury-Mérogis.